Immobilier: «La reprise du secteur sera difficile en 2022»

Immobilier: «La reprise du secteur sera difficile en 2022»

Immobilier: «La reprise du secteur sera difficile en 2022»

Le marché demeure perturbé par les effets de la crise sanitaire et économique.

Le gouvernement doit instaurer de nouvelles mesures pour impulser l’activité.

Entretien avec Mohamed Lahlou, président de l’Union régionale des agences immobilières de Casablanca-Settat.

Propos recueillis par C. Jaidani

Finances News Hebdo : Quelles sont vos prévisions pour l’année 2022 pour le secteur de l’immobilier ?

Mohamed Lahlou : La reprise sera difficile, et ce pour plusieurs raisons. La principale est la pandémie qui résiste au niveau mondial et aussi au niveau national. Il n’y a pas de visibilité pour le moment. Les investisseurs sont très prudents, en l’absence notamment de mesures de relance pouvant donner une véritable impulsion à l’activité. A défaut de réformes, le risque d’avoir un recul est présent.

F.N.H. : Quelles sont, selon vous, les mesures à initier pour que le secteur s’inscrive dans une nouvelle dynamique ?

M. L. : Plusieurs intervenants opèrent dans le secteur et de nombreuses activités sont concernées. La nouvelle ministre doit entamer des discussions avec les professionnels du secteur pour s’enquérir de leurs doléances et tracer une nouvelle feuille de route. Parmi les mesures que nous recommandons, figure notamment la reconduction de l’exonération de 50% des frais d’enregistrement. En l’instaurant en 2020, elle a donné des résultats tangibles qui ont permis de relancer la machine et générer de nouvelles recettes fiscales pour l’Etat. Par ailleurs, les banques sont de plus en plus frileuses et très regardantes sur le montage des dossiers de crédit, que ce soit pour les promoteurs ou pour les acquéreurs. Le taux étant fixé actuellement à 4,5% HT, il faut le baisser, surtout que le taux directeur fixé par Bank Al-Maghrib n’est que de 1,5%. En outre, il faut noter que le marché enregistre un stock important de biens immobiliers qu’il faut écouler.

F.N.H. : Faut-il donc agir sur l’offre des produits ?

M. L. : Certaines nouvelles zones urbaines présentent des offres bien plus supérieures à la demande. C’est le cas par exemple de Dar Bouazza et Bouskoura. Les autres régions sont, elles aussi, impactées par le même phénomène. Pour bien orienter le marché et arriver à un équilibre entre l’offre et la demande, plus de données précises sur le secteur sont nécessaires. Les statistiques fournies donnent une vue sommaire sur le nombre de transactions, sans préciser ni leur valeur ni leur évolution. Ces données doivent être détaillées pour donner plus de visibilité aux opérateurs afin de comparer et bien choisir les projets. Il faut préciser aussi que le secteur se caractérise par l’informel et les fausses déclarations qui biaisent les données. Par ailleurs, et ceci est très important, il faut revoir les plans d’aménagement des centres urbains à forte densité comme c’est le cas de Casablanca. Il est inconcevable que des villes comme Meknès et Tanger aient opté pour la verticalité dans les constructions et pas Casablanca.

F.N.H. : Comment se présentent les tendances du marché. Quels sont les produits les plus demandés ?

M. L. : Le marché passe par une période difficile. La fermeture des frontières a eu un effet négatif sur les transactions. Certains promoteurs ou vendeurs ont dû baisser les prix pour pouvoir écouler des biens immobiliers. Au niveau des tendances du marché, nous enregistrons de nouvelles orientations. A titre d’exemple, pour le segment professionnel, on note une préférence pour les petites surfaces. C’est le cas pour les logements, les studios qui ont le vent en poupe. Le locatif est assez calme et les clients sont indécis.

F.N.H. : Et qu’en est-il des prix ?

M. L. : Certaines informations laissent entendre que sous l’effet du renchérissement des matériaux de construction, du coût du transport et d’autres charges, les prix de l’immobilier vont flamber. Mais la réalité est tout autre : c’est un marché qui obéit à la loi de l’offre et de la demande. Quand la demande ne suit pas, l’offre doit s’y adapter. Seuls les promoteurs disposant d’une assise financière solide peuvent être intransigeants sur les prix, mais jusqu’à quand. Ceux qui ont contracté des crédits et qui ont des engagements auprès de leurs fournisseurs doivent faire un choix en réduisant les marges afin d’écouler le stock et permettre une bonne rotation des projets. 

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